Vabre (370 m d'alt) est à l'extrémité sud du Massif que certains qualifient de Central, dans l'ensemble des Monts de Lacaune, appendice de la Montagne Noire (culminant vers 1200 m d'altitude). La vallée qui l'abrite bénéficie d'un climat tempéré à dominante océanique mais avec, selon les vents, quelques influences continentale et méditerranéenne. Sa position en fond de vallée la met à l'abri des effets dévastateurs des vents et des gros orages et la soumet à une fraîcheur très appréciée lors des canicules d étés.
Vabre limite au nord ce gisement de granit mis en place il y a plus de 300 millions d'années et que l'érosion des terrains surjacents plus anciens rend hui visible, découpé en boules ou blocs aux formes curieuses, chaos avec rochers tremblants, rivières de rochers et grottes.Cependant, Vabre fut construite sur les schistes vieux de quelques 500 millions d'années, entaillés par le Gijou (rivière de 40 Km née près de La Caune vers 800 m d'alt) et bien visibles en affleurements abrupts (bauç de Crosigas, bauc del pont...).
Mines de fer et carrières d'extraction de sable, à ciel ouvert et minuscules, témoignent de l'exploitation géologique d'autrefois.
Le Gijou, avant de se jeter dans l'Agout à 4 Km en aval de Vabre, reçoit le Berlou et plusieurs petits ruisseaux : tous avec des eaux acidifiées par les roches traversées et par certaines formations végétales. Ces eaux douces ont servi à laver les laines et à parer les toiles, dans le passé textile de la cité.
Enjambé par plusieurs ponts (vieux, neuf, du Ga, de la zone, de la Bolièra), le Gijou est entrecoupé de chaussées dérivant l'eau pour alimenter les petites rigoles d'irrigation des prairies ou actionner les roues hydrauliques des moulins, les foulons des usines textiles, les turbines des microcentrales électriques. A Rocalet, une partie des eaux est détournée vers Lusièras.
Libre, oxygénée, poissonneuse, le Gijou est une des plus belles rivières du Languedoc.
La végétation cerne le village : autrefois cultivés, les travers abandonnés furent envahis par les fougères et les genêts puis par la forêt naturelle (avec surtout des frênes, des châtaigniers, des chênes, des pins sylvestres et, les pieds dans l'eau, des aulnes) ou par des plantations (résineux et peupliers). Quelques prairies et des jardins potagers complètent le paysage.
Elle a atteint 2642 habitants en 1887. Depuis des décennies, elle n'a cessé de décroitre. le dernier recensement a mis en évidence une certaine stabilisation entre 800 et 850 habitants.
De langue d'oc depuis le X° siècle ( toponymes et anthroponymes en attestent), le pays vabrais a été éduqué intensivement dès le début du XX° siècle par les Hussards verts, instituteurs de la République, faisant passer la majorité de la population d'un monolinguisme occitan à un quasi monolinguisme français avec une étape de diglossie désastreuse.
Marquée par les guerres de religions, Vabre en a gardé une diversité de cultes (Eglises catholique, réformée, évangélique libre).
Vabre, dans l'âpreté historique et géographique, a toujours su rester debout, transformant les handicaps en atouts, forgeant des esprits forts et libres, résistants et accueillants à la fois.
